Samedi 17 décembre a eu lieu à Tours une manifestation pour la régularisation de tous les sans-papiers et la réquisition des logements vides. Cela fait plus d’un mois que, tous les soirs, plusieurs familles de demandeurs d’asiles et de sans-papiers ne trouvent pas de place d’hébergement. Durant cette période, de nombreux lieux dans la ville ont été occupés plusieurs jours (en général jusqu’à ce que les flics nous dégagent).
Face à cette situation, pendant la manifestation du 17, un bâtiment vide depuis 1 mois et appartenant à la mairie (il s’agit de l’ancienne halte de jour, l’adresse c’est 68 rue du Canal) a été réquisitionné et héberge maintenant plusieurs personnes qui n’ont pas de logement ainsi que le mouvement.

Trop de gens dorment dehors, chez un ami, un membre de la famille ou vivent dans des appartements dégueulasses et/ou trop petits et de toute manière beaucoup trop chers. Certains voudraient croire que la mairie ou la préfecture, comme ils en ont le droit, réquisitionneront des logements vides et fourniront des solutions à ceux qui ne peuvent pas se payer un toit. Il peuvent attendre longtemps, ils seront morts de froid ou de faim avant que les parasites et les flics qui ont le pouvoir ne lèvent le petit doigt.
L’Etat et ses sbires ne sont là que pour maintenir l’ordre et protéger la propriété privée, il est donc hautement improbable qu’il s’attaque à cette dernière en réquisitionnant des bâtiments vides. En plus, il n’est pas question d’attendre quoi que ce soit de ceux que nous considérons comme nos ennemis. Nous n’aurons que ce que nous prendrons, et nous ne ferons pas de compromis. De toute façon, la propriété, c’est toujours celle des bourges et jamais la notre, nous n’avons que peu à perdre et tout à prendre ; pourquoi attendre ?
Parce qu’il y des bâtiments laissés vides, et qu’à coté de ça, il y a parmi nous ceux qui ont besoin d’un toit pour se loger, ceux qui ont besoin d’un local pour se rencontrer, s’organiser, et faire vivre leurs rêves.
Parce que nous refusons le choix biaisé entre l’argent, la marchandise et la rue ou la prison ; entre les papiers, la soumission et la déportation ou la pendaison.
Parce qu’ouvrir un bâtiment c’est l’arracher l’accaparement d’une personne pour le remettre à disposition de tous ceux qui en ont un usage. Que certains, au nom d’une illusion –qui serait grotesque si personne n’avait besoin d’un toit– que l’on nomme propriété privée, puissent priver tous les autres d’une chose dont ils n’ont pas l’usage, nous le refusons, comme nous refusons de nous soumettre aux lois iniques qui la défendent.
Pour ces raisons et pour toutes celles qui nous sont propres, nous ouvrons des squats !
Nous sommes les voleur-euses de poules, les pouilleu-se-x, les gueules cassées, les désillusionné-e-s, les envahisseur-euses et tou-te-s celles et ceux qui n’entrent pas dans les catégories morbides que vous utilisez.
Nous ferons tomber les portes et sauter les serrures pour que fleurissent les squats comme des fleurs sur le fumier du vieux monde.
Notre rage consumera la capitalisme, et des flammes du brasier de notre révolte naîtra l’anarchie.

Publicités