Depuis plusieurs semaines le « mouvement des papiers, des logements pour tous » se mobilise d’une part sur le problème des logements d’urgence à Tours (fonctionnement du 115, accueil des demandeurs d’asile …), et d’autre part sur la régularisation des migrants.
De nombreuses familles se retrouvent chaque soir à la rue, et cet état de fait procède d’une volonté politique. (Coupe budgétaire de 30% des financements alloués aux associations chargées de l’hébergement). Il s’agit d’une organisation de la précarité orchestrée par les services de la préfecture.
Depuis trois semaines les résidents et le personnel du Centre d’Accueil des Demandeurs d’Asile de Joué-Les-Tours sont quotidiennement persécutés et harcelés par la police. (contrôle d’identité, arrestation illégale …). Ce siège conduit les résidents à s’enfermer dans leurs chambres ne pouvant plus s’alimenter, ni se scolariser sans une aide extérieure. Le Réseau Education Sans Frontière à quant à lui fait état de plus d’une quinzaine d’arrestations, ces derniers jours. De plus les personnes sans papiers, travaillant depuis plusieurs années en France se sont vues refuser leur renouvellement de titre de séjour et notamment le titre de séjour « étranger malade » du fait de la dernière circulaire du ministre de l’intérieur. La situation étant identique pour les étudiants étrangers.

Depuis le 17 décembre le mouvement a réquisitionné l’ancienne Halte de Jour (locaux municipaux) au 68 rue du canal. Bâtiment laissé vide par la ville, comme 2000 autres logements. Par cette action nous montrons qu’avec un minimum de volonté des lieux abandonnés peuvent s’ouvrir. Que le manque de place est une histoire à dormir debout.
Il y a quelques minutes les forces répressives ont évacué les habitants du 68. Un pas supplémentaire dans cette politique du déni des droits. Par cette expulsion, la mairie de Tours manifeste clairement son opposition au mouvement se rangeant du côté de la préfecture et de sa machine à précariser pour expulser.
Le 68 était un lieu de coordination et de réflexion du mouvement et éventuellement d’hébergement d’urgence. Organiser des réseaux de résistances pour protéger les personnes persécutées par la police demande beaucoup beaucoup de travail et un lieu pour la coordination. En quelques jours de réquisition nous avons reçu le soutien de nombreux habitants qui s’ajoute aux soutiens d’associations et d’individu qui n’acceptent plus les arguments avancés par les pouvoirs publics.

Nous vous appelons à nous rejoindre pour manifester votre colère et votre soutien devant la mairie de Tours à 10h.

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