Rapide compte-rendu de l’AG d’hier, mardi 20 décembre. Toujours pareil, c’est fait de mémoire et à l’arrache, alors si y en a pour compléter…

1) Résumé de la journée du mardi
Une entreprise de construction, chargé par la mairie de murer le lieu réquisitionné, est venu à 10h. Ils avaient rendez-vous. Personne d’autre n’est venu, ni police ni représentant officiel de la mairie. Ils sont repartis vers 15h. Reste que ça fait beaucoup de stress pour les gens qui dorment dans le lieu et qui sont, depuis 3 jours, un peu tout le temps les mêmes: besoin de relève! Ca fait aussi beaucoup de flou sur la position de la mairie, la procédure qui va être mise en place, les risques d’expulsion… Des élus Verts ont proposé d’approcher le Maire pour demander à ce qu’il signe un » bail précaire », sorte de convention qui permettrait au mouvement de conserver le lieu pour un temps défini (électricité, gaz et assurance à notre charge). Ce bail doit être signé avec une asso loi 1901 ayant plus de 5 ans d’existence. La LDH est d’accord. Le mouvement pourra tout de même apparaitre sur le bail, ainsi que d’autres collectifs.
L’AG s’est dit d’accord pour ces démarches, qui permettront a minima de freiner la procédure d’expulsion. Un rendez-vous entre militants et David Cholet, un élu Vert, était prévu ce matin afin de discuter avant le conseil municipal de 10h devant voter le budget de l’année.

2) Point juridique
Etant donné que l’huissier quand il est passé n’a pas eu de noms (il en a pas demandé il faut dire…), c’est une procédure non nominative qui a du être lancée et donc non contradictoire. Le résultat en faveur de l’expulsion devrait être rapide. Sur l’attitude à adopter au moment de l’évacuation, ça dépendra largement des gens qui seront présents. La majorité, je crois, penche pour qu’il n’y ait pas de résistance physique une fois les flics entrés. Par contre il est proposé de ne pas accepter les contrôle d’identités. Risque de se faire contrôler: être fiché, être poursuivi pour un trouble à l’ordre public. Risque d’un refus du contrôle: 4h au commissariat pour contrôle d’identité, plus si le refus persiste, garde à vue possible si rien n’y fait, prise d’ADN et possibles poursuites judiciaires si refus de la prise d’ADN.

3) Effets de la réquisition
Malgré tous les flous, les effets de la réquisition ont été rapide. Au niveau des familles, il reste 6 personnes sans logements après appel au 115 depuis cette action, contre de 15 à 18 les semaines précédentes Même si les conditions d’hébergements sont très critiquables (bus de nuit, salle à manger rempli de matelas, séparation des couples et des familles…), ça démontre que ce mouvement a un poids et oblige les autorités à réagir même si elles jouent médiatiquement la carte du « nous ne plieront pas ».

4) Débats : qu’est ce qu’on fait du lieu ?
La discussion débuté à l’AG du dimanche s’est poursuivie. Un constat : étant donné le flou et les risques d’évacuation, pour l’instant ce lieu ne peut pas être investi dans toutes ses potentialités et selon toutes nos envies/besoins. Que le bail soit accordé ou que l’évacuation soit évitée, ou qu’un autre lieu soit ouvert, la question de ce qu’on en fait reste d’actualité. Voici quelques argumentaires et positionnements:
– Le lieu doit être simplement un lieu politique de construction de la lutte et de pression sur les pouvoirs publics, afin de ne pas s’engager dans la question de l’hébergement et se trouver obliger de fonctionner comme un foyer, le financement en moins. C’est-à-dire ne pas avoir à sélectionner les gens (car le nombre de place est réduit, surtout si on souhaite un accueil décent), imposer une durée d’hébergement (alors qu’on a à faire notamment avec des migrants qui, compte tenu des politiques xénophobes, auront toutes les chances de ne pas être régularisés et donc d’être privés de tout droit)…
– Le lieu doit être un lieu politique d’hébergement dans lequel les migrants sont partie prenante, à l’exemple de ce qui s’est fait à Angers. L’idée est celle d’un hébergement de personnes sans toit mais militants (ou qui le deviendront), souhaitant prendre part à la lutte. Un lieu auto-géré où les hébergés sont également les personnes qui luttent, où la frontière entre les deux du moins n’est pas si nette.
– Le lieu doit pouvoir accueillir toutes personnes sans logement, migrants ou non, famille ou non.
– Le lieu doit permettre l’hébergement dans les seuls cas d’urgence, et doit avant tout être un moyen et un instrument de lutte. Le dosage entre ces deux registres ne peut se faire que dans la pratique, en tenant compte notamment des forces en présences, des personnes soutenues (tous les migrants et les sans toit n’ont pas les mêmes capacités et les mêmes envies de lutte selon notamment leur statut administratif, les risques qu’ils encourent réellement ou pensent encourir, leurs expériences personnelles…).
– Le lieu doit accueillir décemment deux ou trois familles autour desquelles se construiront une solidarité et une dynamique, et dont la situation sera une base pour la lutte.

Rien n’a vraiment été acté, l’idée est plus de continuer la réflexion en s’inspirant notamment d’autres expériences (Angers; voir le film « comme un oiseau dans un aquarium« , Toulouse avec le CREA, centre social autogéré, Tours en 2005 avec l’expérience de l’occupation de la fac, ou encore des expériences hors France de centres sociaux occupés, comme à Malaga …) tout en prenant en compte la situation particulière, le rapport de force, l’ici et maintenant quoi!

Propositions de l’AG, qui sans être actées n’ont pas rencontrées d’oppositions:
– Aller solliciter Marisol Touraine, députée PS et chargée notamment des questions sociales dans la campagne présidentielle d’Hollande.
– Solliciter Jean-Patrick Gilles
– Faire un communiqué aux médias prêt dans le cas d’une expulsion (proposition de communiqué que vous avez reçu cette nuit!).
– Conserver une trace écrite des débats qui traversent le mouvement, de son histoire, de ses interrogations, construire une mémoire collective quoi!
– Faire une fête d’avant expulsion ce soir au 68 rue du Canal, avec un invitation de musiciens pour un bœuf et apports de nourritures et boissons par les participants (la caisse de solidarité tournera, histoire de voir venir l’hiver…).
– Organiser une nouvelle réquisition
– Organiser la rentrée, notamment retourner à l’ITS, IUT, école d’AS, fac… pour faire un point sur le mouvement et relancer des initiatives/actions.

A mettre en place:
– Une commission action pour organiser les sollicitations de Marisol Touraine et JPG
– Une commission réquisition, qui travaille sur un nouveau lieu et également sur l’aspect juridique pour que ce nouveau lieu puisse durer au moins le temps d’une procédure longue (voir infokiosque sur les squats envoyé il y a quelques jours)
– Une commission « rentrée »
– Une commission « mémoire du mouvement »

Et d’ici là il ne reste plus qu’à se retrouver à l’AG d’aujourd’hui à 18H au 68 rue du Canal, puis y rester pour faire la fête!
Quitte à se faire virer, faisons le avec classe et en musique, voire en cadence!

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